Bamako

Récits de voyage > journal de voyage
Mali - Bamako
de Fanta Saye, le 26-09-2007

Bamako

Après Marie-Claire, marie, marigol, darling et mc solaire, me voilà Fanta Saye, accompagnée de Céline, lili, darki, galinette, de son nom sénégalais Maymouna Fall.

Arrivée à Bamako, l’émotion me sort par les yeux, le jour se lève tranquillement laissant apercevoir cette fameuse terre rouge, dont j’ai tant rêvé …
On descend directement sur le goudron de l’aéroport, pas d’escalators, ni de tapis roulants…je cherche partout, y a-t-il un toubab que je n’ai pas vu depuis très longtemps ? Non rien, je me dirige vers le poste de douane, et voilà, ça y est j’ai mon tampon MALI !!! et…qui j’aperçois ?? Oui ? Non ? C’est lui ? walaiii (mot appris plus tard je précise) je ne reconnais pas mon petit frère, le boubou habillé de bazin bleu, 5 kilos en moins que la dernière fois que je l’ai vu, et une nuit blanche dans les yeux… je suis émue de le voir là, debout, au milieu de tous ces maliens, avec un sourire jusqu’aux oreilles, ça fait du bien de le voir.
Moi aussi j’ai une nuit blanche dans les yeux, et si j’étais en train de rêver ??? Mais non, après une bonne attente devant le défilement des bagages où les nôtres n’apparaissent pas, on nous dit qu’ils ne sont pas là. Hein quoi ? comment ? mais ils sont où ?, pas de panique, il faut revenir demain, ils seront sûrement là…l’inquiétude monte quand une toubab hausse la voix face à un employé de l’aéroport, lui disant que c’était un scandale, que ça faisait 3 jours qu’elle était ici à attendre ses bagages…hum, ça nous donne de l’espoir pour la suite…
C’est pas grave, on verra demain inch allah, pour l’heure on reste sur notre nuage, on sort de l’aéroport. Il a plu, maintenant le jour est bien levé, ça sent la nature humide, un homme nous attend dans son taxi jaune et noir et nous voilà partis sur les routes de Bamako…les yeux grands ouverts, la tête par la fenêtre, je poursuis mon rêve.
Le chauffeur nous amène à Torokorobougou, à la case de passage des VP, là où on sera hébergés. Le petit déjeuner est prêt, du pain, du beurre et du nescafé. On entame alors nos grandes discussions, céline, boubou et moi, on compare nos impressions, entre les toutes nouvelles et celles qui ont plus d’expériences…à travers la moustiquaire, pleins de chants d’oiseaux nouveaux, l’humidité persiste, un air de tropique… on est bien.
Après une courte sieste très agréable, on se prépare à affronter la capitale, une expatriée de passage nous prête des vêtements et boubou ses pagnes. Nous voilà alors, les 2 toubabs, rhabillées en broussardes africaines pour notre premier jour. On va sur le goudron pour chercher un sotrama, les petits bus-vans maliens. Le sotrama s'arrête, on doit grimper dedans en tenant nos pagnes. A l'intérieur, pleins de femmes nous dévisagent, boubou lance un « anitié » et l’ambiance se détend, les femmes rient, boubou poursuit la conversation bambarienne et nous sourions sans rien comprendre… On est donc dans le sotrama, assis sur des planches en bois, un apprenti accroché à la porte sans porte tape sur l’épaule de la femme d’à coté, elle lui tend de l’argent.
Dehors, les bouchons, la fumée épaisse des pots d'échappements, c’en est presque irrespirable, mais je prends sur moi, je ne veux pas faire la petite toubab précieuse…
C’est là, on descend, ou plutôt on saute du petit camion, toujours accrochées à nos pagnes de peur qu’on puisse voir nos jambes, ce qui serait plutôt mal vu !!!
Nous voilà dans le centre de Bamako, pleins de gens partout, des cabanes en taule, des vélos, des mobylettes, des enfants qui jouent, des femmes avec leurs bébés dans le dos et des bassines sur la tête, des hommes qui parlent fort, qui réparent des voitures, qui boient le thé dans la rue, de grandes affiches publicitaires d’orange ou de coca cola « ici rafraîchis ta soif », des ordures partout, des rues en terre rouge, quelques pilonnes électriques, de petites épiceries, des chiens tout maigres, des hommes rassemblées autour de la télé dans la rue…
Boubou tient à nous présenter Tanti qui prépare l’attiéké sur le goudron. Elle le reconnaît « boubou, comment ça va ? c’est ta sœur ? bienvenue !! c’est ta première fois au Mali ? et comment va papa ? et maman ? depuis combien de temps vous êtes là ? vous allez faire quoi ? où est Aminata ? la prochaine fois il faut ramener le bébé !!!! »
Tanti nous serre alors son plat dans une assiette en plastique, avec une cuillère pour nous les toubabs, on s’installe alors sur le banc, au dessus de l’égout, parmi les autres bamakois et me voilà face à mon premier repas malien, du poisson et de la semoule. Nous prenons ensuite le chemin du retour.
Arrive maintenant l’heure d’affronter seule les rues de la capitale en quête de thé. Me voici donc au beau milieu d’une large rue de terre prête à entrer dans l’épicerie du coin. De ma seule leçon de bambara, j’ai retenu l’essentiel, le bonjour. Je m’hasarde donc avec un petit « anitié » et là les hommes me répondent en chœur de leur voix grave « m’baa ».
Je souris, ça y est, je suis bien en Afrique et l’aventure peut commencer….

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
13/11/2007 : Bibliographie de Boubou et Aminata
25/10/2007 : Jeune, beau et grand berger Peul cherche…
23/10/2007 : Moni is moni
21/10/2007 : We à Endé
13/10/2007 : Le rugbyman dogon
12/10/2007 : La fin du Carême
05/10/2007 : Vieux et Oumou
03/10/2007 : Hécatombe au marché de Sévaré
28/09/2007 : Les vacances improvisées, septembre 2007
02/10/2007 : Peul fiction
02/10/2007 : Et Sarkomence…
26/09/2007 : Sévaré
26/09/2007 : Douentza
26/09/2007 : Gao
26/09/2007 : Pays Dogon


Autres liens :

Tags
Bamako - Mali -