| Samedi matin, nous voilà partis en direction de Endé, le village natal d’Idrissa, pour y passer le we. Après la traversée du Yamé à gué (le pont ayant été emporté par la crue en juillet), et la descente la falaise par une route étroite où il y a plus de vaches que de voitures, nous arrivons dans le village où les dogons sont les plus fous. Nous retrouvons Idrissa, nous allons saluer sa famille, tout le monde est en forme, son fils semble guéri de sa maladie de peau bizarre, les vieux sont toujours aussi édentés et aussi marrants, bref, l’ambiance est bonne. Je ne rate pas une occasion de me ridiculiser, quand on me propose d’essayer de piler du fonio (une céréale locale), en plein milieu de la rue. La récolte d’arachides vient de se terminer ; on nous en offre plus que nous serons capables d’en ingurgiter en un mois. Contrairement à toute attente, les soirées à Endé sont très animées : aujourd’hui, il y a une fête organisée en l’honneur d’un groupe de jeunes néerlandais venus à Endé dans le cadre d’un jumelage. Hommes et femmes dansent à leur tour au rythme du tambour dogon, les femmes les accompagnent en soufflant dans un sifflet en plastique (le son est magnifique comme vous pouvez l’imaginer). Boubou pourra vous faire une démonstration à son retour, étant donné que je lui ai offert un tambour dogon, et qu’il s’est fait faire la tenue dogon traditionnelle sur mesure. Ensuite, nous avons vu des petites pièces de théâtre, basées essentiellement sur le comique de situation, ce qui nous a permis de comprendre assez bien ce qu’il se passait. Les dogons ont ri à gorge déployée. Le lendemain matin, en prenant notre petit déjeuner à base de galettes de mil (beaucoup moins bien que les viennoiseries burkinabées), nous faisons la connaissance du cuisinier du campement, Tonton. Il nous explique qu’il a fait un stage de pâtisserie à l’aéroport de Roissy ! Il nous montre le livre de cuisine qu’on lui a offert à cette occasion ; charlotte aux fraises, petits choux à la crème et autre bavarois, tout y est. Idrissa commente les photos avec passion (on vous laisse imaginer). Comme Tonton est très sympa, et que nous sommes les seuls clients du campement, il nous prépare un délicieux poulet aux mangues pour le déjeuner. Mais un bon déjeuner, ça se mérite ; nous voilà partis à l’assaut de la falaise avec Idrissa (le grand) et Idrissa (le petit, le fils du maire). La balade est super, Idrissa nous commente tout ce qu’il voit, à grands coups d’histoires toutes aussi rocambolesques les unes que les autres. Arrivés en haut de la falaise, nous restons un bon moment à observer Endé vu de haut, avec les jumelles de Boubou : est-ce que madame prépare bien le déjeuner, est-ce que Amadou s’occupe bien de ses clients, est-ce Boubacar nettoie les latrines correctement, etc. Après une descente de la falaise un peu acrobatique à travers un repère de chauves-souris, nous dévorons le poulet aux mangues avec appétit. Le soir même, encore un événement à Endé : c’est le concours de lutte !! Nous avons donc pu assister au spectacle ; des hommes grands et forts, en short avec une petite jupette par-dessus (pour permettre aux adversaires de s’agripper), s’affrontent à bras le corps. Tout le monde est passionné, sauf nous, on se lasse assez vite et on va se coucher… |