Après quelques jours dans la capitale, nous voilà les yeux collés à la vitre du bus pour Sévaré, afin de ne rien louper du paysage et les oreilles grandes ouvertes pour accueillir cette cacophonie joyeuse. De Tiken Jah à fond au chant des broussardes qui montent dans le bus à chaque arrêt pour vendre des « biscuits bé », « des pommes bé ».
Ahhh ces voyages en bus et ses pannes, ses pauses pour la prière, ces arrêts en pleine brousse pour prendre des touaregs sortis de nulle part qui tentent de monter avec leur mouton...(qui tentent car ce mouton finira dans la soute à bagages), les œufs durs achetés sur la route, les heures d’attente interminables dans les gares routières à regarder les feux de l’amour où à dormir sur des nattes, les heures de routes installés sur des strapontins fait de bidons, un homme qui refuse qu’une femme (moi en l ‘occurrence) s’asseye à coté de lui (je la cède donc à boubou !!), ces vues de vaches mortes au bord de la route et le bel oiseau bleu en plein vol, une femme qui nous offre du manioc et une autre des arachides, ces pauses pipi express cachées derrière des arbustes sans feuilles après avoir enjambé des tas de sacs et des enfants qui dorment dans le couloir pour sortir du bus.
Ces ronflements et ces coups de chaud derrière la vitre, ces apprentis qui montent sur le toit pour accrocher les monticules de bagages et qui offrent de l’eau à celui qui veut.
Bien qu’au départ rien ne le porterait à croire, au bout d’un certain temps, tout ce petit monde s’endormira…
Arrivés à Sévaré, on descend. Deux jolies toubabs nous accueillent les bras ouverts « bienvenue à la maison », Cécile devenue Aminata (prénom qui en fera rêver plus d’un) et sa sœur, Delphine, nommée Aissata ou Aichiata pour les intimes. Visite du lieu de vie de nos chers nouveaux maliens, maison classieuse ou rudimentaire, tout dépend d’où on se place.
Présentation de leur gardien Abdoulaye et de sa famille qui nous attendait impatiemment et avec qui nous allons partager quelques bons moments, notamment ce fameux 14 juillet où Abdoulaye prépara le mouton, de sa mort à la cuisson…Repas délicieux mangé de la main droite dans un grand plat commun en faisant bien attention à ne pas empiéter sur la part du voisin et en repérant les piments cachés ici ou là…
Sévaré et son épicerie du coin de la rue ouverte à toute heure sauf le vendredi après-midi, jour de la prière. Sévaré et sa laiterie, ses percussionnistes du dimanche, son capitaine (très bon poisson) en brochette ou fumé, son marché et ses étalages presque exclusifs de mangues succulentes, son coin boucherie et ses giclures de sang dues aux coups de machettes, le marchandage, les vendeuses de pomme de terre ou de karité, les odeurs de poisson séché.
Sévaré et sa petite piscine de l'hôtel (et oui, parfois on craque), ses riz sauce chez damou, ses vendeurs de colliers, ses couturiers, ses coiffeurs, ses tempêtes de sable, ses cafards sous la douche et ses scorpions au-dessus du lit.
Et enfin, Sévaré et son magnifique et gigantesque baobab où nous nous sommes allongés au lever du soleil entourées de vaches filiformes (les zébus) et d’une famille de cultivateurs qui nous échangea un polaroid contre un peu de raisin de brousse…
Mais le voyage ne s’arrète pas là, nous poursuivons la route vers Douentza…
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