Petite page de vie quotidienne et autres...

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Mali - Sévaré
de Cécile, le 21-01-2007

Petite page de vie quotidienne et autres...


Bon alors, quoi de neuf depuis la dernière lettre… Voilà, comme d’habitude, je vais encore vous raconter plein de petits trucs en vrac ; fini les notes de travail bien structurées, c’est le we, j’ai pas envie de réfléchir !!

Revenons à la semaine dernière. Vincent et moi avons eu tous les deux à faire aux flics et on s’en serait bien passé. Pour moi, contrôle sur la route, et comme ma voiture est en immatriculation temporaire depuis 7 mois et que je n’ai pas de carte grise… ça n’a pas été évident. J’ai bien failli payer une amende de 9000 FCFA (environ 15 euros) ; l’agent immobilier de Sévaré qui traînait dans le coin et que nous connaissons bien (et pour cause avec tous les ennuis de notre maison), a négocié pour moi et je suis repartie indemne ! J’ai quand même réclamé une attestation de l’ambassade pour ne plus avoir de problèmes.

Pour Vincent, c’était plus rigolo. Comme la personne responsable des travaux de notre maison ne s’en occupait pas du tout et que l’électricité était très dangereuse, nous avons appelé nous même des électriciens. Après une grosse journée de boulot, l’addition est salée : 158 000 FCFA !! Le responsable des travaux de l’AFVP qui devait payer a refusé de le faire. Du coup, les électriciens ont attendu leurs sous pendant une semaine. A la fin, ils en ont eu marre et ont convoqué Vincent chez les flics !! Le voilà donc au commissariat… Après un petit coup de téléphone de ma part à Bamako et quelques négociations avec les responsables de l’AFVP, celui qui devait payer a enfin accepté de le faire et tout est bien qui finit bien, le pauvre prisonnier est libéré.

Notre maison est très bien maintenant, même si les salles de bain n’auront jamais de lavabo. Nous sommes en train de la transformer en gîte d’étape ; le we dernier, nous avons accueilli Julien, Cathy, Christelle et Angélique. Nous avions rencontré les trois premiers dans un minibus pour aller à Douentza, et comme le trajet était long, nous avions eu le temps de bien sympathiser. Julien et Cathy, deux grimpeurs, finissaient un tour du monde des sites de blocs, avec plein d’histoires et de petites anecdotes à partager. Christelle et Angélique étaient venues les rejoindre pour les vacances et pour profiter des sites de blocs du Mali. Avis à tous les grimpeurs, il semblerait qu’il y ait des sites magnifiques dans la région !! Si vous voulez des infos, allez faire un tour au petit casino de Pessicart à Nice, en bas de chez Marie-Ange et Florian, Angélique travaille à mi-temps là-bas (sinon elle est accompagnatrice de sorties escalade – canyoning dans le pays niçois), elle pourra vous renseigner de ma part !

Voilà, la maison était pleine, toutes les chambres occupées, c’était vraiment sympa. Hier soir, rebelote, nous avons accueilli Lucie, volontaire à Bamako, avec trois amis qui revenaient du pays dogon, bien fatigués. Petite soirée tranquille à la maison, bonne bouffe et gros dodo…

En ce moment, Vincent travaille comme un acharné, tous les we et plusieurs jours par semaine, sans compter les réunions interminables le soir… Bientôt il va travailler plus que moi, le comble !! Bon, en attendant, Mopti et Sévaré sont toujours aussi sales… Maintenant, ce sont les femmes qui ramassent les sacs plastique, pour les emmener vers une usine qui les transforme en briques. C’est pas une mauvaise idée, non ? Il semblerait que les femmes soient plus raleuses et plus casse-pieds que les hommes… no comment. De mon côté, je passe un petit we calme ; balade en vélo toujours pleine de découvertes, petit tour au marché de Mopti et promenade sur le port et le long du fleuve. En ce moment, il y a plein d’oiseaux migrateurs genre échassiers qui sont arrivés. Tous les arbres de Mopti en sont recouverts, de loin on a presque l’impression qu’ils sont en fleurs !!

Sinon, petit coup d’œil sur nos perspectives de travail pour les prochains mois.
Commençons par moi, parce que c’est moi qui complique tout ! Mon poste ferme en juillet 2007, sachant que mon contrat se termine en novembre 2008, donc problème… Je suis assez mécontente de ne pas avoir eu cette information avant de partir. Il y aurait pour moi des possibilités de réaffectation du côté de Sikasso, dans le sud-ouest du Mali. Il paraît que c’est une région très sympa proche du Burkina, beaucoup plus verte avec des forêts, plein de fruits, des cascades et des champs de coton. Il y a un poste qui me correspond bien d’après les échos que j’ai eu (Agence Française de Développement, suivi-évaluation et capitalisation des projets financés dans la région). Il y a aussi plusieurs pistes de création de postes. En résumé, si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, le 1er septembre Vincent et moi aurons tous les deux un poste à Sikasso pour deux ans. Mais comme nous sommes en Afrique, avec des projets qui se cassent la gueule pour un oui ou pour un non (plus de financements, élus qui changent d’avis et j’en passe), il y a aussi plein d’autres possibilités. Postes ailleurs au Mali, ailleurs dans le monde, pas de postes du tout, vacances pendant 4 mois, retour en France en attendant un autre poste etc. En gros, c’est l’incertitude la plus totale. Et moi qui imaginais que les incertitudes continuelles d’étudiants étaient finies… et bien non, je ne sais à nouveau plus où je vais habiter et ce que je vais faire dans 6 mois. La routine n’est pas encore prête de nous rattraper.

Pour l’instant, je suis en train de réaliser que je ne vais pas avoir beaucoup de boulot d’ici le mois de juillet… comme je le disais tout à l’heure, je suis sur un projet qui se termine, il n’y a plus de sous pour réaliser toutes les activités programmées. Je me concentre donc sur « ma » carte pastorale de la région ; en théorie, il y a 65 jours de travail prévu dans la convention du prestataire, mais en réalité, il y en aura quand même beaucoup plus (avec tout ce qui ne se voit pas mais qui prend du temps…) J’ai hâte que le travail de terrain commence ; des semaines entières en brousse ou sur une pirogue au milieu du delta, ça va être intéressant et très dépaysant. Ca m’inquiète un peu parfois, on verra… Le problème ici dès qu’on sort des villes, c’est qu’on ne comprend rien et que la bouffe est vraiment dégueulasse !!! Au choix : gras de mouton mariné chez les peuls, vieux poisson séché ou mariné dans l’huile de vidange chez les bozos, tho (pâte de riez fermentée) accompagné d’une sauce maronnasse gluante genre morve chez les autres, bref c’est dur… Abdoulaye et sa femme veulent tout le temps que je vienne déjeuner avec eux ; ce sont des moments très sympas, mais c’est tellement mauvais que j’essaie souvent de les esquiver aux heures des repas !!

Ah oui, j’en étais à parler du boulot ; les problématiques agropastorales de la région sont très intéressantes mais les multiples problèmes sont horriblement compliqués. Difficile d’y voir clair. Evidemment, il y a des luttes de pouvoir politique entre les élus, des ONG qui se tirent dans les pattes, chacun a des intérêts à défendre et il n’y a ni de la place, ni de l’eau, ni des trucs à bouffer pour tout le monde. Sans compter les années où il ne pleut pas assez, là c’est la grosse cata. Sécurité alimentaire, encore une priorité nationale… Un peu difficile à imaginer quand on n’a jamais mis les pieds au Sahel, mais quand on sait qu’il ne pleut pas pendant 9 mois de suite…

Le we dernier, nous avons fêté avec regret le départ de Blandine et Damien, mais la soirée était très sympa. Vincent a été la star de la soirée ; un toubab qui s’essaie au coupé-décalé avec une telle motivation, forcément c’est très drôle. Après les avoir accompagnés à l’aéroport, nous sommes venus dévaliser leur maison comme des rapaces !!! Résultat notre maison est maintenant très bien équipée, surtout la cuisine (je crois qu’ils aimaient beaucoup faire la bouffe donc ils avaient plein de trésors genre ustensiles introuvables ici, épices, petites herbes en tout genre…).

Dimanche dernier, nous avons aussi fait une super balade à 5 kilomètres de Sévaré, dans « les rochers ». il y a quelques photos sur le blog. Nous avons marché sur les traces d’un ancien village peul perché sur le plateau, nous avons trouvé des vieux tessons de poteries puis nous sommes arrivés à une sorte de dolmen, avec une vue magnifique sur la savane. Pour faire référence aux grands classiques, nous étions comme le roi lion en haut de son rocher : même paysage (bon, là y’a pas de lions, dommage, enfin si y’en avait eu, on aurait pas trop fait les malins quand même…).Ensuite, nous sommes rentrés dans une grotte où nous avons délogés deux chouettes : nous avons aussi pu admirer de belles peintures rupestres (cf. photo). Cette balade est pleine de charme et permet de s’évader un peu et de se retrouver au calme… une fois de temps en temps, ça fait du bien !

Bon allez, c’est fini pour aujourd’hui, à bientôt pour la suite. Et oui, en Afrique, il ne fait pas bon habiter au Soudan, au Tchad, en Centrafrique, en RDC, en Somalie, en Ethiopie, en Ouganda, au Sierra Léone, au Libéria, en Angola, ou même pas très loin en Côté d’Ivoire et en Guinée Conakry où c’est un peu chaud en ce moment, mais nous on a de la chance, au Mali ça va… Les émission « Afrique matin » de RFI à l’heure du petit dej sont parfois un peu oppressantes, mais ici personne n’a l’air de s’en soucier plus que ça. C’est loin semble-t-il.

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